La mendicité est de plus en plus présente dans notre société. Les mendiants se rencontrent partout à Cotonou. Dans les rues, aux carrefours, dans les lieux publics et surtout devant les édifices religieux. Elle prend une allure inquiétante. Alors interrogation : est-ce un phénomène culturel ou religieux ?

Dans la plupart des lieux publics ou sur les grandes artères de notre capitale économique, les mendiants sont perceptibles. Que ce soit aux carrefours ou aux feux tricolores ou parfois devant les restaurants, ils vous abordent sans scrupule. En effet, la mendicité s'impose à certains comme une fatalité, une pratique de désespéré, tandis que pour d'autres, elle est commerciale, religieuse ou culturelle. Les mendiants sont de tous les âges et de tous les sexes. De nos jours, le nombre de ces reclus sociaux est alarmant dans les grandes agglomérations béninoises. Parmi eux, on dénombre des handicapés physiques dont la situation est plus pathétique. Nombreux sont ceux qui expliquent cette pratique par leur condition de vie précaire due à leur incapacité à exercer un métier. Ainsi, pour une question de survie, ils sont les premiers à s'adonner à cette pratique déshonorante et ce, contre leur gré. Une victime de cette situation raconte : " J'ai perdu l'usage de mes jambes. Je suis dans l'incapacité de travailler pour pouvoir avoir de quoi me nourrir, je suis contraint à mendier. Je n'ai pas d'autre choix ". La pauvreté est en grande partie à l'origine de ce comportement. Le cas de dame Monique, mère de jumeaux est éloquent. " Une semaine après l'accouchement de mes jumeaux, mon mari a fait un accident où il a perdu l'usage d'une jambe. Toute son économie est partie dans les soins. Aujourd'hui, il ne travaille pas. Et il n'a plus rien, pour s'occuper des enfants, je suis obligée de mendier ". La plupart des mendiantes que nous avons rencontrées sont en effet, de véritables cas sociaux. En revanche, certains font de la mendicité un commerce. Habitées par l'esprit de gain facile, certaines personnes se font passer pour des mendiants.

Source :la fraternité